Step by step
Par Kyo le mardi 22 juin 22 2010, 01:01 - Dessins
Je voulais faire une sorte de tutoriel "pas à pas" depuis longtemps, mais plus jamais, ça prend bieeen trop de temps !
Bon c'est pas vraiment un tutoriel, mais bon j'espère que ça sera utile à une personne ou deux.
Un peu de compréhension de photoshop est obligatoire pour comprendre tout ce qui se passe (vous savez comment marche les masques de fusion ? parfait !)
C’est le départ du dessin tout ce qu’il y a de plus basique. D’abord un rough à l’arrache pour poser la compo du dessin. En fait, pour être plus précis, la compo se crée tout seule au fur et à mesure du crayonné. Ouais, ouais, je sais.
Après, une version affinée du lineart.

Puis le lineart final (mis à part les inévitables corrections de dernière minute.) C’est une des parties les plus longues, et pas forcément la plus amusante, c’est pourquoi je me dis souvent que je devrais la zapper et colorer en partant sur le lineart moins précis. Mais l’habitude aidant, je me retrouve toujours à faire un lineart bien net !

En règle générale, j’utilise plein de calques. Pour tout. Ce que vous voyez là représente uniquement mon lineart. Gérer tous ces calques rallonge pas mal le processus global (et ça fait ramer), mais ça me permet de gagner du temps dans une des dernières étapes. Est-ce que j’y gagne du temps au final ? Je ne sais pas…

S’ensuit la deuxième phase pas spécialement excitante : les couleurs pleines. Ca va très vite dans le cas d’un dessin simple, mais ça prend plus de temps pour un dessin plus compliqué. Enfin à vrai dire, je pense que n’importe quoi prend « plus de temps » dans mon cas, mais bon… Oh, c’est aussi l’étape ou arrive cet étrange sentiment qui vous fait dire « hé, mais c’est tout moche ! », mais normalement, ça s’arrange, normalement…
Je garde toutes les couleurs sur des calques séparés. Encore une fois, c’est sûrement pas indispensable et ça rend le tout plus confus à faire, mais ça me permet de garder un contrôle total. Au moins il faut garder les calques pour lesquels une texture sera appliquée plus tard.

Okay, c’est l’heure de l’ombrage ! Voici ma méthode (pas très time-efficient, encore une fois…) :
Faire un dossier, le passer en mode « produit », et à l’intérieur de ce dossier mettre les calques d’ombrage en mode normal, les uns sur les autres du plus clair au plus foncé (le plus foncé au dessus, donc.)
Pourquoi utiliser le mode produit ? Ca me permet de garder une intensité d’ombrage constante pour tout le dessin (et ça prend plus de temps, et j’aime ça !)
Ensuite, par-dessus ce dossier, rajouter un calque en mode normal, qui servira à faire les derniers petits réglages et les ombres « anormales » (les ombres colorées, les ombres plus sombres que la moyenne, etc.)
Pour cette étape, il est très pratique de garder sa palette de couleurs d’ombres dans un coin du dessin (comme on peut le voir sur certaines captures d’écran.)





Pour les éclairages c’est exactement le même procédé, mais dans l’autre sens avec un dossier en mode « superposition ». N’oubliez pas les lumières spéculaires.




Pour les métaux, l’équilibrage ombres/lumières est un peu différent, vu que l’aspect spéculaire est très fort.

Ensuite, généraliser ce procédé à tout le dessin. Encore une fois, je crée plein de nouveaux calques pour mes ombres alors qu’un seul dossier serait suffisant, mais ça me permet de garder plus de contrôle sur les différents plans du dessin.

Et c’est parti pour la manipulation toshop ! C’est l’heure des textures ! Importez une de ces nombreuses textures de peau dont vous disposez (quoi ?), personnellement je le fais en combinant des peaux trouvées ça et là sur internet (stock photo de nu en haute résolution, yay !) et ma propre peau aussi des fois. Nan je suis pas le docteur Frankenstein.

Le problème principal de cette texture est qu’elle ne couvre qu’une petite surface de peau, environ 20x30 cm. Donc, pour pouvoir l’utiliser, j’ai du réduire sa taille significativement, puis je l’ai dupliqué un certain nombre de fois en lui ajoutant des légères rotation pour éviter l’effet de répétition. J’ai aussi fait attention à masquer la plupart des point très « visibles » de la texture, sinon on voit la répétition.

Ensuite j’utilise la déformation « wrap » de photoshop pour adapter la texture aux surfaces. L’effet est quasiment invisible donc cette étape est presque inutile, mais c’est rigolo à faire.

Okay, vous vous souvenez de ce calque « couleurs > peau » que je me suis fait chier à garder à part ? C’est maintenant que ça sert ! A vrai dire je me fous du calque, je veux juste la sélection (control+clic sur le calque). Je crée un nouveau dossier et utilise la sélection comme un masque de fusion pour ce dossier (dans les dernières versions de toshop, si on ajoute un masque quand une sélection existe, le masque prend cette sélection automatiquement.)

Après, un petit coup de niveaux.

Ensuite, c’est l’heure de la magie photoshop !
Dans ce dossier, je duplique 3 fois le calque avec la texture, ce qui donne, dans l’ordre :
Un calque en « superposition », opacité 5-10%
Un calque en « produit », avec la texture désaturée (en niveaux de gris), opacité 10-20%
Un calque en « produit », opacité 30-60%
Mais là ça fait CLAIREMENT pas assez de texture de peau. Allez donc dans votre dossier « textures de taches de rousseur », choisissez votre texture préférée, et répétez les étapes précédentes.



Pour la texture du plancher, c’est à peu près pareil, sauf qu’au lieu de wraper la texture, il faut utiliser la déformation « perspective ».



Attention utiliser toutes ces textures fait EXPLOSER le poids du PSD. A ce point du dessin, mon fichier fait 250 mo… il ne faut pas hésiter à merger des calques, quand même !
S’ensuit une étape cruciale pour moi qui travaille avec un lineart : faire disparaître ce lineart ! Là, pas vraiment de technique, le line est juste coloré pour se fondre dans la couleur adéquate. (C’est à ce moment que je suis TRES content d’avoir gardé tous mes linearts sur des calques différents !)

Maintenant c’est l’heure du, euh comment on dit en français… rétro-éclairage ? En gros c’est toutes les lumières qui ne viennent pas de la source principale (sources secondaires, reflets, etc.) Enfin, c’est surtout l’occasion pour moi de mettre des lumières qui font joli de partout, mais il ne faut pas le dire…

Enfin, on se rapproche de la sortie !
Quand 2 objets sont en contact, il obstruent la lumière chacun l’un de l’autre (dans quasiment tous les cas), ce qui crée une zone d’ombre à la zone de contact. Donc pour éliminer l’effet « objets qui flottent », je repasse un dernier coup d’ombre aux zones ou 2 objets sont en contact. (regardez par exemple le fauteuil de premier plan posé sur le sol)

Okay, maintenant c’est l’heure de TRICHER ! Ouais, tricher, c’est un tutoriel pour tricher avec photoshop, CHEAT WITH PHOTOSHOP ! WIN FREE IPODS !
Hum, pardon.
Donc je résume : là le dessin est fini, mais horreur, il n’y pas vraiment d’ambiance lumineuse, et les plans du dessin sont durs à distinguer ! Et j’ai passé 20 putains d’heures dessus ! Argh ! Mais pas de problème, notre sauveur est là, et il s’appelle « gradient map » ! (en francais « courbe de transfert de dégradé », mais c’est bien trop long à taper)
Pour toutes les étapes suivantes, il faut impérativement garder une sélection du premier plan dans un coin (premier plan incluant par exemple le perso et son siège, et un peu de sol). Je parle de cette sélection tout le temps, alors souvenez-vous en.
Ensuite :
Aplatir l’image
Dupliquer et lancer le gradient map. Pour ceux qui ne savent pas, cet outil va permettre de remplacer toutes les couleurs du dessin par un dégradé spécifique. Les couleurs sont remplacées en tenant compte uniquement de leur luminosité. Bon c’est chiant à expliquer avec des mots, en essayant 2-3 fois on comprend ce que ça fait.

Créer le gradient qui va bien pour l’ambiance voulue

Le sauvegarder en cliquant sur « nouveau »
Dupliquer à nouveau le calque de base, relancer le gradient map, récupérer le dégradé créé précédemment, mais cette fois le faire plus sombre.

Mettre le calque « version claire » au dessus. Prendre la sélection « premier plan » ont je parle plus haut, et l’utiliser comme un masque de fusion pour ce calque.

Merger les deux calques. Voilà, vous avez votre calque « couleurs d’ambiance »

De la manière que je le vois, plus un objet est éloigné, plus les couleurs d’ambiance prédominent sur les couleurs naturelles. Il faut donc créer un masque de fusion qui ressemble à celui en capture d’écran, et l’appliquer au calque de couleurs d‘ambiance.

Enfin, mettre l’opacité générale de ce calque entre 30 et 70% suivant l’effet désiré

Tant qu’on y est, tout merger, puis à nouveau dupliquer. Appliquer un flou gaussien au calque du dessus, puis, avec la sélection (qu’on a toujours gardée, hein), faire en sorte que seulement le background soit flouté.

Et c’est fini !
Facile hein ?
Et surtout, rapide.
STAGE BONUS ! Comment rajouter au dernier moment ce vêtement transparent que vous aviez prévu depuis le début mais complètement oublié ?
Facile ! Nouveau calque tout en haut. Lineart, couleurs, ombres, lumières, trait coloré. Okay ? Il faut supprimer la partie qui est cachée par les cheveux. Soit vous le faites à la main, mais sinon si vous avez encore un calque avec uniquement cheveux qui traîne quelque part, vous pouvez vous en servir pour faire un masque de fusion. Aussi, ne vous faite pas trop chier à faire des ombres chiadées et tout, puisque on ne va quasiment pas les voir !




Ensuite fusionnez les nouveaux calques, et créez un masque de fusion pour le calque résultant. Puis trouvez vous une jolie forme de brosse (ici j’ai pris une fleur), une taille de brosse assez petite, et dans les options de brosses, cherchez « variations d’angle » et « diffusion » que vous mettez à un niveau qui vous convient. Sélectionnez le mode de fusion produit pour le brush, un gris moyen et en avant germaine ! Remplissez le masque de petites fleurs en plusieurs fois pour que les coups de pinceau se superposent les uns aux autres.

Au final j’ai également réduit l’opacité générale du calque pour que ça soit encore plus léger.
Voila, vous avez maintenant passé tout comme moi bien trop de temps à regarder ce PSD, il est alors vite temps de le fermer à tout jamais !

Commentaires
c'est quand même assez impressionnant à regardez, faut avouer... *ç*